Florent Bordinat

Biographie et démarche artistique

Durant mes années de lycée, j’ai découvert, auprès de mes camarades de classe, une pratique nommée l’urbex qui consiste à aller explorer des lieux abandonnés, afin de vivre et de ressentir des choses peu communes à notre quotidien. C’était cela qui nous plaisait ! Nous voulions avoir peur, nous sentir en danger, confrontés au monde de l’ésotérisme et de l’imagination. Nous voulions découvrir des univers délaissés par la société, semblables à des décors apocalyptiques de films d’action ou de jeux vidéo. Car par-dessus tout, ces lieux témoignent du temps qui passe, qui défile entre nos doigts sans que nous puissions le retenir.

En harmonie avec le présent, nous visitions ces espaces désaffectés, parfois changés en impressionnantes ruines sur lesquelles la nature revenait prendre ses droits. Des lieux issus du passé, qui parlent du futur et de la fin de notre humanité, qui sont une mise en garde contre notre temps !

Lorsqu’en 2019 je suis entré à l’École des beaux-arts de Pau, j’ai passé beaucoup de temps à chercher une voix artistique qui me conviendrait. C’est au cours de la deuxième année que m’est venu à l’esprit de peindre à partir de photographies de lieux abandonnés que j’avais prises durant mes années de lycée. Ce travail fut une révélation pour moi. Je m’appropriais les décors et les lieux bien plus que si j’avais exposé les photographies. J’admirais les contrastes que les clairs-obscurs pouvaient créer. J’étais fasciné par la lumière blanchâtre qui pénétrait les espaces, par les fenêtres ou par les toitures en décomposition. Le rapport aux peintures flamandes et baroques me plaisait beaucoup. Les motifs de la fenêtre, du carrelage en damier, revenaient souvent dans mes peintures. Mais ce qui m’importait tout autant c’était l’histoire du lieu, son dentité. Les usines industrielles désaffectées comblaient ces attentes.

Au cours de mon Master à l’École des beaux-arts de Tours, je me tourné vers la représentation d’une usine d’amiante en Haute-Corse. Depuis bien longtemps ses bâtiments modernistes partiellement en ruine retenaient mon attention. Durant mon enfance je les avais plusieurs fois croisés en voiture, avec mes parents. Confronté à leurs murs gigantesques, à leurs colonnes, à leurs voûtes noircis, par l’usure, j’éprouvais des sensations inexplicables ! Comme une infinie mélancolie, mêlée à une grande tragédie.

Durant l’été 2022, je suis allé photographier ces lieux. En apprenant à les connaître, j’ai compris que mes sensations n’étaient pas anodines. Il y avait bien eu une terrible tragédie dans cette usine désaffectée. J’ignorais encore qu’en 1964 elle avait été la plus grande usine d’amiante de France et d’Europe. Nombreux étaient les ouvriers qui y travaillaient.

À travers mes peintures, je souhaite parler de cette terrible histoire peu connue et parfois même oubliée. Une histoire que les travailleurs corses appelaient et appellent encore aujourd’hui : « L’enfer Blanc ».

Florent Bordinat

Expositions

2025
Le 59 Rivoli – Paris
Salon des artistes français – Grand Palais – Paris (Médaille de Bronze, Prix A. Eschbach 2025)

2024
Chapelle de la Persévérance – Pau
Biennale de Tarbes
Estanqu’Arts – Ici ou l’Art – Vieux-Boucau
Galerie des Corsaires – Bayonne
Promenade artistique de Molineuf
Salon Art Shopping – Carrousel du Louvre – Paris
Galerie l’Oeil du Prince – Biarritz
Galerie Sabaia – Oloron Sainte-Marie

2023
Galerie Hemon – Pau
Hôtel de Ville – Lons
Estanqu’Arts – Ici ou l’Art – Moliets-et-Maa (Prix du public)
Art et lettres de France – Bordeaux
Art et lettres de France – Hourtin
Beaux-Arts – Tours
Galerie Insolitude – Pau
Exposition au Château Jolys

2022
Carrefour des Arts – Haras de Gelos
12ème édition de Festiv’Arts – Arros-Nay
Exposition au Studio Arte Dance – Pau

2019
Exposition au Château de Franqueville
Exposition à la Mesclanha – Aressy

2017
Exposition à l’Hôtel du Béarn – Soumoulou

2013
Inauguration de l’Espace des Arts à Pau (Musée des beaux-arts et École supérieure d’art et de design des Pyrénées)

Œuvres